FIVE7599.JPG

Ce samedi 28 janvier, l’Espace Sans Luxe accueillait l’évènement Waack N’ Chill, organisé par le collectif interdisciplinaire de danse de rue Savage Queens. Le but? Rassembler les passionnés du waacking, qu’ils soient solidement ancrés dans le monde du waacking ou de simples curieux.

Cette soirée sous le signe de l’écoute et du partage, m’a permis d’en apprendre plus sur une danse, un style de vie pour certains, qui manque encore de visibilité malgré près de 50 ans d’existence.

C’est dans une ambiance relaxe et accueillante que se déroule l’évènement. Confortablement installé, le public assiste à la diffusion du documentaire exclusif Hot Mess, réalisé par Maria Munera sur le célèbre battle de waacking, créé par les membres de Forêt Noire.  Au-delà de l’évènement, le film peint le paysage de la scène du waacking, à travers des interviews des différents membres de la communauté.

Cette introduction à l’histoire du waacking montréalais, que l’on devine dense et intense, est un bon préambule à la discussion qui suivra.

«Initier une discussion sur les éléments passés, présents et futurs du waacking à Montréal [et] tisser des liens intergénérationnels ». Tel était l’objectif annoncé par les membres de Savage Queens. On peut dire que cette initiative connait un beau départ avec ce rassemblement. La qualité d’écoute du public et la richesse du panel de discussion y sont certainement pour quelque chose. À la table des discussions des membres de différents collectifs occupant une place importante sur la scène montréalaise :  I.H.O.W Montréal, Forêt Noire, Savage Queens etOPIA étaient donc représentés ce samedi soir.

Qu’est-ce que le waacking? A cette question, les membres du panel répondent chacun de façon très personnelle. C’est avant tout une danse, dira Nedge Valmé, pionnière du waacking à Montréal et fondatrice de I.H.O.W. Montréal.  «It brings you to that happy place, whatever that place is for you». 

Une des forces du waacking : le fait que chaque individu dans son unicité puisse se l’approprier.  «Une multitude de définitions» selon Barbada de Barbades, figure emblématique de Hot Mess et soutien important de la communauté. Sensualité, féminité, empowerment etassurance sont quelques-uns des mots qui reviennent cependant.

Sa diversité. C’est ce qui semble faire de Montréal une scène unique sur l’échiquier du waacking au niveau international. La question de l’expression de soi semble faire consensus. «On est tous des personnages assez uniques à Montréal» explique Fanny Ourse, membre de Savage Queens. Cela vient en grande partie des transmetteurs, qui insistent sur le développement d’une individualité dans leur enseignement.
Mais, tempère Fanny Renier de OPIA, on a beaucoup à apprendre d’autres communautés, notamment au niveau technique.

Une grande de partie de la discussion s’articule sur le futur et l’évolution de la danse. Il semble y avoir une volonté commune d’explorer, de s’élargir, de pousser plus profondément, mais dans le respect des fondations. Garder l’essence du waacking, notamment en gardant la connexion avec la musique de laquelle est née le waacking : le disco.

L’impératif de donner la place et d’accompagner les nouvelles générations a également été abordé. Plus de support et de personnes guides, plus d’espaces de rencontres, abolir une éventuelle hiérarchie qui semble s’imposer malgré tout. Il y une place pour chaque danseur, et c’est à chacun d’occuper l’espace qu’il souhaite occuper. «Tout le monde se crée un rôle différent et c’est là, la beauté de cette scène-là. », soutien Nedge Valmé.

Faire avancer le mouvement, continuer à construire la communauté, créer des supports de visibilité pour atteindre un plus grand public,  cela semble être les défis que souhaitent relever les waackers montréalais.

Par : Anne Florentiny

FIVE7670.JPG

 

Comment