Lundi le 13 février se tenait la conférence « Pensons-y » organisée dans le cadre du Festival 100Lux qui se déroulait à Montréal du 13 au 19 février.

Fidèle à son mandat de soutenir la professionnalisation des danseurs urbains, l’organisme a choisi de réunir des chorégraphes montréalais établis dans le milieu de la danse afinde partager autour de la création en danse urbaine.

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Issus de différents backgrounds, de différentes générations, les artistes invités ont fait part de leurs expériences diverses. Processus de création, diffusion, relation chorégraphes/interprètes, les sujets abordés ont suscités réflexions et questionnements.

 Pourquoi créer ? Quels éléments des danses urbaines sont une source d’inspiration pour ces créateurs ?

 Alexandra Landé (fondatrice de Ebnflöh) et Hélène Simard (danseuse et directrice artistique chez Solid State) évoque toutes les deux le côté « raw » de leurs danses respectives. 

Pour Landé il s’agit de se détacher de l’aspect commercial du hip-hop pour exploiter cette « rawness » à son maximum. 

Œuvrant aujourd’hui en tant que chorégraphe contemporaine, Simard explique la façon dont le rapport à la musique continue d’influencer sa façon de créer. 

Changer la musique change-t-il automatiquement la danse ? Comment transposer ce qu’il aime du cypher dans un autre espace ? Ce sont les questions que s’est posé Victor Quijada (fondateur de RUBBERBANDance Group) au début de son parcours de chorégraphe. Influencé par les mouvements artistiques d’avant-garde, il cherche alors à créer une nouvelle forme de danse à partir d’influences de la danse classique/contemporaine et de danses hip-hop.

Originaire de France, Ismaël Mouaraki explique le mur auquel il a dû faire face quand il a tenté de faire diffuser son travail à Montréal. Les institutions n’étant pas préparéesà accueillir les artistes en danses urbaines,  un véritable travail d’éducation a dû être mené.

Qu’en est-t-il aujourd’hui ?

Si les artistes en danses urbaines ont toujours créé, leurs initiatives ne reçoivent le soutien des institutions que depuis récemment. 

Même si quelques résistances persistent, le travail effectué par les générations précédentes semble avoir porté ses fruits selon Alexandra Landé. Pour la chorégraphe, il serait également important de reconsidérer les catégorisations qui fragmentent le milieu. La notion de diversité, confine certains créateurs dans des boîtes dont l’existence devrait être remise en cause.

Pour Dazl St-louis (Flow Rock), ces séparations n’ont pas lieu d’être, car il s’agit avant tout de danse. Des formes d’expressions diverses mais indéniablement actuelles.

Se prendre en main, comprendre le système pour pouvoir jouer à l’intérieur, tels sont les conseils d’Hélène Simard. Mais il semble y avoir un manque de soutien des danseurs urbains, quand il s’agit de naviguer dans l’institution.

Alors quelles solutions ? Créer des liens, partager les savoirs. 

  

Les chorégraphes évoquent les difficultés rencontrées en studio avec leurs interprètes. Pour Hélène Simard, le plus grand obstacle est de travailler en studio. Egalement évoquée, la nécessité de trouver un langage commun afin de faciliter la communications entre danseurs de différents background.

Développer une discipline du studio est une des compétences que les danseurs n’ayant pas reçu de formation académique semblent devoir acquérir selon Quijada.

Les conditions de création, dans un contexte institutionnel, sont loin des conditions que connaissent les danseurs urbains explique Alexandra Landé. Il est alors nécessaire de développer une éthique de travail différente.

 

A l’heure du métissage des genres, il semble y avoir une inquiétude face à la perte de l’essence de la culture hip-hop. Les panélistes semblent s’accorder sur le fait que différentes formes peuvent co-exister, il y a place pour de multiples visions, que l’on soit puriste ou adepte du métissage.

 

Comment favoriser l’émergence de jeunes créateurs en danses urbaines ? Poursuivre la progression de la danse urbaine dans les théâtres. Eduquer le public afin de changer la perception selon laquelle la danse urbaine ne serait que divertissement.

Continuer les discussions, la transmission de savoirs, continuer à s’outiller. Ne pas hésiter à occuper l’espace qui nous est offert ou à créer son propre espace. 

On ne peut que souhaiter que ce genre d’échanges se réitèrent dans le futur, afin que des ponts se créent et que de plus en plus de jeunes professionnels aient accès à la carrière qu’ils souhaitent.

 

 

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